La Faïencerie de Gien affronte la Première Guerre Mondiale dès 1914, les tensions politiques et sociales d’entre-deux-guerres dès 1933, et la Seconde Guerre Mondiale dès 1939.

Il s’agira du sujet de la 13ème Chronique Giennoise « Choses et d’Autres » de Maître Jean-Claude Renard.

Première Guerre Mondiale

Participant à l’effort de guerre, la faïencerie fabrique pour le service des poudreries nationales de grosses pièces en grès dites grès chimiques, pouvant contenir des produits chimiques et des explosifs : grosses amphores, grosses bonbonnes, tuyaux, pompes à pistons, pompes centrifuges, serpentins réfrigérants. Certaines pièces pèsent plus de 100 kilogrammes. 

Cette fabrication nécessite l’agrandissement des portes des fours.

En 1917, la production de faïence est réduite de moitié. 

L’entre-deux-guerres

L’année 1919 est bien morose. La fin de la guerre ne permet pas une reprise d’activité suffisante, de nombreux ouvriers manquent à l’appel.

L’arrivée de Sarreguemines (Moselle) et de Mettlach (Allemagne-Sarrhe, siège de la faïencerie Villeroy & Boch) sur le marché perturbent les ventes. La concurrence devient rude. Une technique de décoration au pochoir par pulvérisation permet d’abaisser considérablement les coûts de production.

À partir de 1933, puis surtout en 1936 et 1937, de nombreuses grèves et une occupation de l’usine ralentissent l’exploitation. 

La Seconde Guerre Mondiale

La guerre de 39-45 apporte son défilé de difficultés : arrêt, évacuation, réouverture et Occupation se succèdent. 

En 1940, Gabriel Albisson devient président et le restera pendant toute la durée de la Seconde Guerre Mondiale, et même après, jusqu’en 1951, date de sa démission. 

Nous possédons quelques articles de belle production entre 1940 et 1943. Ces assiettes prouvent que la faïencerie a fonctionné pendant les années de guerre, et n’a pas, comme beaucoup le croient, fermé (voir chapitre 10 de la chronique). La plupart des artistes connus de la faïencerie à cette époque, trop âgés pour être mobilisés au front, ont continué à conseiller les ouvriers, tels Jean Clair-Guyot (1856-1938), ou Ulysse Bertrand (décédé en 1941).

L’année 1940 est également celle de la construction du four Sofim de 120 mètres de long. Anecdote : le premier wagon, inauguré par Madame Pierre de Becdelièvre et par Madame Marie Jolly (entrée à la fabrique en 1869 à l’âge de 12 ans), n’y est enfourné que le 16 mars 1941. 

Commissaire-priseur à la retraite, expert judiciaire honoraire près la Cour d’Appel d’Orléans, Maître Jean-Claude Renard a exercé sa charge pendant 45 ans, à Gien puis à Drouot. Il a également publié de nombreux livres d’art sur les faïences de Gien, les arts de la table, les cuivres de cuisine, l’art de la fonte de fer et le mobilier. Ses conférences sont données dans toute la France. Maître Renard a rejoint la section “Patrimoine” de l’Office de Tourisme de Gien, et a répondu à notre proposition d’animer une chronique mensuelle sur les objets de collection, chronique qu’il a baptisé “Choses et d’Autres”. 
Photographies réalisées par François Zabaleta.

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Récemment installée dans le Giennois, je me suis lancée dans cette aventure pour explorer la richesse culturelle et la beauté naturelle du territoire. Avec mon téléphone à portée de main, j'aime capturer des moments de la vie quotidienne et me promener pour découvrir les paysages qu'offre le territoire.

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