On n’arrêtera jamais de vous rabâcher à quel point on aime la Loire. Son aspect de jungle originelle autour, ses plages qui apparaissent aussi vite qu’elles disparaissent, ses couleurs, ses courants, sa force… et sa faune !

Gien fait partie du secteur protégé Natura 2000 : cela veut dire que malgré le côté ville (à peu près 14 000 habitants), le territoire est suffisamment préservé pour que l’on puisse admirer des espèces emblématiques des bords de Loire. Découvrez les 3 espèces que vous pourriez croiser au hasard de vos randonnées, et dans quelles circonstances :


Le castor

Fréquemment confondu avec le ragondin, le castor est pourtant trois fois plus gros ! Il a une queue plate très caractéristique, ovale et écailleuse, alors que celle du ragondin est conique et effilée. Pendant la nage, seule la tête émerge de l’eau, alors que chez le ragondin, la tête et l’arrière-train sont visibles.

Le castor est rarement visible la journée. Mais il trahit sa présence par de nombreux indices : arbres abattus, souches en pointes, branches taillées en biseau, dépôts de castoréum (substance odorante permettant au castor de marquer son territoire, qui dégage des odeurs de cuir, d’animal mort et de feu de cheminée), barrages…

Parfaitement adapté à la vie aquatique, le castor habite les cours d’eau et étangs bordés d’arbres. Il se nourrit exclusivement de végétaux : joncs, fleurs, plantes aquatiques, jeunes pousses ligneuses, avec une préférence pour les saules et peupliers. Sur les petits cours d’eau, il peut construire des barrages qui modifient considérablement l’environnement.

Une famille de castors est constituée d’un couple, des jeunes de l’année et de ceux de l’année précédente, soit environ 6 individus. La femelle met au monde, une fois par an, de 2 à 4 jeunes, après 105 jours de gestation.

La présence de castor est certaine au bord de la Loire aux alentours directs du centre-ville de Gien.


La sterne

Parmi les oiseaux blancs qui, au printemps, piaillent au-dessus de la Loire, tous ne sont pas des mouettes. Remarquez cet oiseau élancé au long bec fin et au vol élégant : c’est une sterne !

Elle se reconnaît facilement à ses longues ailes pointues, sa calotte noire et sa queue fourchue comme celle d’une hirondelle. D’ailleurs, on l’appelle aussi « hirondelle de mer » car elle vit également le long des côtes.

Deux espèces nichent sur la Loire :

  • la sterne pierregarin au front noir, bec rouge et pattes rouges. 80-85 cm d’envergure, 31-35 cm de longueur
  • la sterne naine, plus petite (forcément), au front blanc, bec jaune et pattes jaunes, 48-55 cm d’envergure, 22-24 cm de longueur

Les sternes sont de grandes migratrices. Elles passent l’hiver sur les côtes africaines jusqu’en Afrique du Sud et, en avril-mai, regagnent les rivages et les grands fleuves d’Europe pour se reproduire. Certains oiseaux font ainsi près de 20 000 km par an !

La sterne se nourrit principalement de petits poissons. Elle repère ses proies en vol et plonge les harponner ! Elle complète son menu par des petits insectes qu’elle capture à la surface de l’eau.

La Loire change de visage au gré des crues et des étiages qui remodèlent les bancs de sable. C’est dans ces zones dépourvues de végétation que les sternes s’installent pour nicher.

Leur nid est une petite cuvette à même le sol où elles pondent deux à trois oeufs, qui se confondent avec le sable et les graviers.

Une colonie de sternes est visible à Gien. Peut-être aurez-vous la chance, en tout début ou toute fin de journée, d’assister à ce moment de poésie qu’est la traversée de ces dernières sur les arches du Vieux Pont.


Le balbuzard

Le balbuzard pêcheur est un grand rapace blanc et noir taillé pour la pêche : excellente vue, vol puissant, serres longues et très recourbées. La face intérieure des doigts est hérissée de papilles saillantes, indispensables pour maintenir les poissons. La tête est blanche avec un bandeau noir sur l’oeil.

La femelle est plus corpulente que le mâle et a généralement un plastron plus large et plus marqué, ainsi que le dessous de l’aile beaucoup plus tacheté.

Le balbuzard pêcheur passe l’hiver dans les régions chaudes (Afrique occidentale, sud de l’Espagne…) et rentre en France pour se reproduire au début du mois de mars. Les femelles commencent à pondre environ trois semaines après avoir retrouvé leur partenaire.

Le balbuzard se nourrit quasi exclusivement de poisson, qu’il repère en vol et capture en plongeant, serres en avant. Dans le Loiret, la Loire constitue sa zone de pêche de prédilection.

Le nid est un imposant tas de branches, toujours installé en situation dominante (vieux pin, pylône électrique…). Les couples sont très fidèles à leur nid et s’y reproduisent toute leur vie. Les jeunes reviennent généralement nicher dans la région où ils sont nés.

Alors qu’il avait disparu en France au début du XXe siècle, le balbuzard est revenu spontanément nicher en forêt d’Orléans en 1984. L’Observatoire de l’étang du Ravoir, à Ouzouer-sur-Loire, est le seul site où on peut observer, sans le déranger, un couple de balbuzards dans son milieu naturel.


Un grand merci à toute l’équipe de Loiret Nature Environnement pour ces précieuses informations, que vous pouvez approfondir sur leur site internet.


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