Pour ce volet, rendons un modeste hommage aux mariniers de Loire, qui, à l’instar de Guy Meneau, décédé récemment, se définissent « si vilains sur terre, seigneurs sur l’eau ».

Les Mariniers

Saint-Nicolas est leur saint patron, célébré le 6 décembre.

Les bateaux

Les différents types de bateaux sont tous à fond plat, en raison du faible niveau d’eau du fleuve et des multiples bancs de sable.

  • les toues cabanes, utilisées pour la pêche et les petits transports.
  • les chalands, ou gabares, grands bateaux de commerce et transport fluvial pouvant descendre jusqu’à Nantes, grâce au courant. Ils étaient équipés d’une voile carrée et munis d’un mât rabattage afin de pouvoir passer sous les ponts. L’opération réussie, les mariniers relevaient le mât et poursuivaient leur trajet. 
  • la sapine, grand bateau de transport sans mât ni voile, qui descendait le fleuve. Il arrivait que son propriétaire décide, une fois l’opération commerciale effectuée, de donner l’ordre de la détruire afin d’éviter les frais de longue remontée du cours d’eau par le halage, mode de traction qui consiste faire tirer le bateau par des hommes ou des chevaux marchant durement sur un chemin tracé parallèlement au fleuve.

Les ancres de la Marine de Loire

Ces dernières ont été fabriquées longtemps en bois grâce à des menuisiers, puis à partir du XVIIIe siècle par des artisans ferronniers. Elles sont produites en série dans des forges installées dans les villages de bord de Loire, telles celles de Cosne-sur-Loire.

Particularités des ancres de la marine de Loire : celles-ci se distinguent pour être fabriquées avec deux anneaux. En leur extrémité haute, l’anneau d’ancrage : l’organeau. A l’opposé, dans leur partie basse, la cincinelle, second anneau utile pour le passage des ponts.

L’ancre est le symbole de la marine de Loire.Elle est représentée inversée. Ainsi les touristes peuvent découvrir à Gien, à l’angle de la rue de la Monnaie, numéro 26 et rue de la Vieille Boucherie, dans le haut de la façade d’une maison, une pierre gravée et monogrammée G B 1622, certainement le nom du propriétaire, Georges Ballery, marchand délégué en 1622, du détroit de Gien, allant de cette cité à Châteauneuf-sur-Loire, appartenant à la Communauté des Marchands fréquentant la rivière de Loire et autres fleuves se jetant en icelle (icelle est le féminin d’icelui, mots tombés en désuétude).

Superbe murale « Gien par Gien » en faïence que l’on peut admirer dans le hall de l’hôpital de Gien

À visiter pour aller plus loin :

  • Le Musée de la Faïencerie de Gien, rénové, place de la Victoire à Gien
  • Le Musée de la Loire à Cosne-sur-Loire, dont l’exposition actuelle s’intitule : « Reflets de Faïence : la Loire pour décor »
Commissaire-priseur à la retraite, expert judiciaire honoraire près la Cour d’Appel d’Orléans, Maître Jean-Claude Renard a exercé sa charge pendant 45 ans, à Gien puis à Drouot. Il a également publié de nombreux livres d’art sur les faïences de Gien, les arts de la table, les cuivres de cuisine, l’art de la fonte de fer et le mobilier. Ses conférences sont données dans toute la France. Maître Renard a rejoint la section « Patrimoine » de l’Office de Tourisme de Gien, et a répondu à notre proposition d’animer une chronique mensuelle sur les objets de collection, chronique qu’il a baptisé « Choses et d’Autres ». 
Photographies réalisées par François Zabaleta.

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